DESSINE-MOI UNE MAISON
Du 1er au 17 décembre 2017, L’Autre Montréal présentait DESSINE-MOI UNE MAISON, une exposition participative, créée avec la complicité de Anaïs Favier designer et initiatrice du projet, et qui portait sur le thème de l’immigration et la notion de chez-soi. Ce projet fut présenté dans la galerie du MAI (Montréal, arts interculturels) dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal.
Également, pour accompagner cette exposition, L’Autre Montréal présentait une « ligne du temps » de son quartier d’élection et de celui de ses nombreuses communautés culturelles: le Plateau Mont‑Royal.
L’exposition était également accompagnée d’ateliers de médiation animée par la fée urbaine Patsy Van Roost. Ainsi les visiteurs, petits et grands, résidents ou touristes, trouvaient sur place un espace aménagé pour dessiner et accrocher leur maison imaginée.
DESSINE-MOI UNE MAISON – L'EXPOSITION
Montréal est terre d’accueil depuis des siècles. Mais comment se crée le sentiment d’appartenance à une nouvelle ville ? Quand une maison devient-elle son chez-soi ? L’Autre Montréal et Anaïs Favier ont imaginé une célébration de la diversité. Montréalaise d’adoption, Anaïs Favier est partie à la rencontre de 10 immigré.e.s montréalais de tous horizons, débarqué.e.s ici à tout âge. Chacun de ces ambassadeurs culturels a été invité à dessiner une maison. Les 10 dessins grand format étaient accompagnés de témoignages sonores qui racontent l’arrivée à Montréal, la première maison, les premières sensations, les rencontres. Ces témoignages font voyager dans diverses incarnations de la ville. Autant de récits qui brossent un tableau émouvant de notre ville.
**Les capsules sonores ne sont plus disponibles**
Pour comprendre l’essence du projet, voici la vidéo promotionnelle réalisée par Anais Favier, artiste en résidence sur ce projet.
Depuis qu'on était petits, mes parents nous ont dit : Quand vous allez être plus vieux, vous allez étudier au Canada.
Comme ils nous ont envoyés ici pas mal jeunes, mon frère et moi, ils se sont dit : On va leur enlever un problème en arrivant, ils ont 16 ans, et ils vont avoir une place où dormir sans se soucier de louer
Farah
Ici, sur le plateau, j'ai laissé mes racines aller un peu plus profondément. Je suis arrivé chez moi. C'est plus le quartier que l'appartement. Ici c'est comme un petit village, et moi je suis né dans un village... Les façades. Il y a quelque chose de méditerranéen.
ELI
DESSINE-MOI UNE MAISON – LES ATELIERS
Pendant la durée de l’exposition, la fée Pasty Van Roost était présente sur deux week-ends pour accueillir tous ceux qui souhaitaient venir dessiner leur maison de rêve. Fée, papier et crayons fournis. Ces dessins étaient par la suite exposés dans la galerie tout autour des maisons suspendues.
DESSINE-MOI UNE MAISON – LA LIGNE DU TEMPS DU PLATEAU-MONT-ROYAL
L'exposition était accompagnée d'une « ligne du temps » construite par L'Autre Montréal et qui raconte l'histoire du quartier où nous sommes installé depuis notre fondation : le Plateau-Mont-Royal. L'intégral des textes de l'exposition est ici reproduit.
LE PLATEAU, TERRE D’ACCUEIL
01- VOUS AVEZ DIT « PLATEAU » ?
Le toponyme Plateau commence à s’imposer officieusement dans les années 1940 et désignera longtemps uniquement le territoire à l’est de la rue Saint-Denis. Dans les années 1980, l’écrivain Michel Tremblay en sera l’un des principaux chantres. C’est la création des arrondissements en 2001 qui fera sortir officiellement de sa coquille un Plateau Mont‑Royal installé sur le territoire du vieux Coteau Saint-Louis du 18e siècle et ses villages du 19e. (Mile End, Milton Parc, Saint-Louis à l’ouest et De Lorimier à l’est).
Le Plateau est le seul quartier de Montréal qui a droit à son dictionnaire ! Pour mieux connaître son histoire et son monde, c’est par ici : Dictionnaire historique du Plateau-Mont-Royal (2017), J. Bur, Y. Desjardins, J-C Robert, B. Vallée et J. Wolfe, Éditions Écosociété.
02- URBANISATION et IMMIGRATION
Le Plateau n’a pas toujours été cosmopolite. C’est par son développement que l’on comprend mieux la transformation de sa population. Au nord de la rue Sherbrooke, ce sera longtemps la campagne. Il faudra des tramways puis des usines pour que l’urbanisation « monte » la côte et se fixe durablement dans ce secteur.
Des Canadiens français s’étaient installés à l’est du boulevard Saint-Laurent depuis le milieu du 18e siècle et Le Plateau sera d’abord francophone. Dans la deuxième moitié du 19e siècle, des Canadiens anglais (d’origine britannique ou écossaise) se construisent des villas à l’ouest. Les immigrants y prendront racine au tournant du 20e siècle, surtout le long du boulevard Saint-Laurent. La Main de Montréal sera la « ligne de vie » de milliers de nouveaux arrivants.
03- PLATEAU DES CHAMPS
Au début du 19e siècle, Le – futur – Plateau, c’est Coteau Saint-Louis, vaste territoire au nord de Montréal, où on trouve champs, tanneries et carrières. À partir de la rue Sherbrooke, il se structure autour de deux axes : le chemin du Mile End (futur boulevard Saint-Laurent) et le chemin des Tanneries (future avenue du Mont-Royal). La population est majoritairement canadienne-française.
La seconde moitié du 19e siècle voit la subdivision du Coteau en villages : village Saint‑Jean-Baptiste (1861-1884) et village Saint-Louis-du-Mile-End (1878-1895). La population s’accroît grâce au transport en commun qui relie Montréal aux villages, mais aussi à cause de l’exode rural.
04 - PLATEAU DES VILLES
Au tournant du 20e siècle, l’urbanisation s’accélère avec l’industrialisation. Les villages du Coteau et des environs (De Lorimier) deviennent des villes qui seront rapidement annexées à Montréal. Les immigrants (Juifs d’Europe de l’Est, Irlandais, Italiens, Allemands) quittent les vieux quartiers près du port pour s’installer au nord de la rue Sherbrooke aux alentours de la Main.
Après la Seconde Guerre mondiale, Le Plateau se transforme au gré des phénomènes qui toucheront tous les quartiers populaires au fil des décennies : départ vers les banlieues, vieillissement de la population, délocalisation industrielle. Dans les années 1950‑1960, le quartier accueille de nouvelles communautés (Grecs, Juifs hassidiques, Portugais). Mais ça ne sera pas suffisant pour stopper l’exode des années 1970-1990, alors que le Plateau perdra 40 % de sa population, passant de 175 000 à moins de 100 000 résidents. Depuis les années 2000, la population du quartier s’est stabilisée autour de 100 000 habitants.
05 - PLATEAU COURTEPOINTE
Dans le dernier quart du 20e siècle, l’embourgeoisement, la crise économique et la transformation massive de logements en condos auront des répercussions profondes sur les résidents de ce quartier populaire devenu un dispendieux « Plateau d’argent »… De nouvelles communautés s’installent dans le quartier, mais sans qu’il soit leur unique ou principal point de chute. Certains groupes, par leur enracinement communautaire ou commercial, laisseront des traces plus durables : Vietnamiens, Latino-Américains, Maghrébins.
Au 21e siècle, les nouveaux arrivants s’établissent un peu partout à travers la ville. Une exception notable, les Français, qui choisissent en majorité Le Plateau comme point d’ancrage montréalais.
Le Plateau est devenu et demeure un lieu d’accueil important. Le quart de ses 104 000 résidents est né à l’étranger, en provenance de plus de quarante pays. Parmi les nouveaux immigrants, la France arrive en tête de liste, suivie de la Chine, des États-Unis et du Mexique.
L’histoire a le sens de l’humour : comme il y a plus de Français dans Le Plateau en 2017 que dans tout Montréal 300 ans plus tôt, certains le surnomment Nouvelle-France…
Les sources d’inspiration pour Le Plateau, terre d’accueil
J. Bur, Y. Desjardins, J-C Robert, B. Vallée et J. Wolfe. (2017). Dictionnaire historique du Plateau Mont-Royal. Montréal : Éditions Écosociété.
D. Fougères (dir.) (2012). Histoire de Montréal et de sa région. Québec : Presses de l’Université Laval.
J-C Laurence et L-J Perreault. (2010). Guide du Montréal multiple. Montréal :Les Éditions du Boréal.
Rayside Architecte. (2009). Histoire du quartier Plateau-Mont-Royal cartographiée. Montréal : Rayside Architecte.
Collection numérique des cartes et plans de BAnQ : Cartes et plans
Site de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal Le Plateau-Mont-Royal | Ville de Montréal
Site de la Société d’histoire du Plateau Mont-Royal Histoire du Plateau-Mont-Royal – Le site de la SHP
Site de Mémoire du Mile-End Mémoire du Mile End – Mémoire du Mile End et de La Main est un organisme à but non lucratif dédié au patrimoine, à l’histoire et à la culture du quartier Mile End et du boulevard Saint-Laurent.
Site Mémoires des Montréalais du Centre d’histoire de Montréal MEM – Centre des mémoires montréalaises | memmtl.ca
DESSINE-MOI UNE MAISON – LES PARTENAIRES
Les conceptrices
Designer graphique de formation, ANAÏS FAVIER a travaillé en France, au Mexique et au Canada. Elle se spécialise dans la création de dispositifs graphiques et audiovisuels, du concept à la réalisation, en proposant des expériences uniques et sensibles. Son approche multidisciplinaire l’a amené à collaborer avec artistes et événements montréalais tels le Regroupement québécois de la danse, le Festival du nouveau cinéma ou MUTEK.
Depuis plus de 30 ans, l’organisme communautaire L'AUTRE MONTRÉAL fait découvrir la ville aux Montréalais grâce à des circuits combinant histoire, culture, réalités sociales, patrimoine matériel et immatériel. C’est par cette pédagogie d’immersion au cœur de la ville que sont transmises les leçons de l’histoire et de la participation citoyenne.
Nommée Bâtisseuse de la Cité du Plateau Mont-Royal en 2017, PATSY VAN ROOST explore les quartiers afin d’orchestrer des expériences participatives, artistiques et rassembleuses qui incitent les gens à se rencontrer et, surtout, à se raconter. Avec son énergie contagieuse, sa machine à coudre, des pochoirs, des craies, des mots cousus, des fenêtres qui s’illuminent ou des portes qui s’ouvrent, la fée urbaine tisse des liens entre voisins et passants.
MAI (Montréal, arts interculturels)
Diffuseur pluridisciplinaire en arts contemporains, véritable incubateur permettant la recherche et la réflexion, lieu d’échange et de dialogue, le MAI (Montréal, arts interculturels) a pour mission d’appuyer la création, la diffusion et le rayonnement des arts interculturels, des créations originales en danse, musique, théâtre, arts interdisciplinaires, arts visuels et médiatiques. Un métissage culturel où s’exprime une pluralité stylistique aboutissant ultimement à des formes expérimentales, hybrides et inédites !
À propos de la Société des célébrations du 375eanniversaire de Montréal
La Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal était un organisme à but non lucratif qui avait pour mandat d’organiser les festivités et contributions socio-économiques pour marquer le 375e anniversaire de Montréal en 2017. Privilégiant la mise en valeur de l’expertise montréalaise, elle agit comme un catalyseur des forces dans la réalisation de son mandat : mobiliser la communauté, mettre en œuvre une stratégie de financement, administrer de façon rigoureuse les fonds recueillis, élaborer une programmation de qualité et assurer la promotion des festivités.
DESSINE-MOI UNE MAISON – CRÉDIT DE L’EXPOSITION
Conception de l’exposition, scénographie et entrevues : Anais Favier
Avec la collaboration de Maude Frenette, scénographe
Mathieu Livernoche, ébéniste
Romain Dumoulin, acousticien
Johanne Jarry, écrivaine
Recherche historique et textes : L’Autre Montréal (Marie-Dominique Lahaise et Caroline Masse)
Conception et animation des ateliers : Patsy Van Roost
Merci à l’équipe du MAI pour le soutien avant et pendant l’exposition
DESSINE-MOI UNE MAISON est un événement de la programmation officielle
du 375e anniversaire de Montréal.
L’exposition est financée par la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec
et soutenue par l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.
L’Autre Montréal tient également à remercier son partenaire d'exposition,
le MAI (Montréal, arts interculture ls).
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